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Description archéologique
du site de Poilvache
Le site de Poilvache est bi-partite,
composé d'un château quadrangulaire et d'un village
fortifié. Le château s'organise autour d'une cour à
ciel ouvert; la basse-cour n'est pas encore bien localisée.
Le château est construit du côté du front d'attaque
principal à l'est (accès par le plateau condruzien);
il protège le long chemin d'entrée vers "la ville"
qui le longe au midi. La "ville" emmuraillée, ainsi protégée
par le château, est installée sur le plateau du promontoire
calcaire qui s'avance dans la vallée mosane. Ce village fortifié
occupe les 3/4 des 2,5 ha que compte le site.
L'enceinte est la plus régulière
possible mais elle a été construite suivant les bords
du relief rocheux. Elle est flanquée de neuf tours réparties
de manière déséquilibrée : quatre autour
de la Ville dont une au-dessus du vallon du Collebert, deux côté
Meuse, une au-dessus du vallon du cimetière et une au niveau
du fossé entre Ville et château; quatre autour du château
dont une au dessus du vallon du cimetière et trois pour défendre
le fossé. Les deux tours de la courtine occidentale, côté
Meuse, présentent des archères sans niche et à
seuil horizontal; les liaisons verticales étaient des escaliers
en bois. Les tours flanquant le château appartiendraient à
une 2ème phase de construction (après le siège
de 1286?). Deux bastions quadrangulaires, non avancés au-delà du fossé, consolident l'entrée. Une canonnière
pourrait avoir été aménagée sur une
esplanade devant le fossé. Des fouilles archéologiques
re-dégagent et consolident actuellement l'ensemble des murs
conservés en élévation dans ce château.
Deux terrasses maçonnées ont été aménagées
à l'extérieur de l'enceinte, dans l'angle S-O du site,
sur un replat de la falaise.
Des caves-citernes sont conservées
en volume aussi bien dans le château que dans la ville. Un
puits profond de 54,54 m, vidangé trois fois par des associations
locales et les archéologues, est creusé au milieu
de la cour à ciel ouvert du château. Deux types d'habitation
sont mis en évidence sur le site de Poilvache : un en élévation
de torchis sur assise de pierres sèches, l'autre entièrement
maçonnée (Le Grand Pignon).
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L'architecture castrale aux XIIe
- XIIIe s.
Sous l'impulsion de Philippe Auguste
et à partir de la France capétienne, un nouveau type
de château va s'élever dans le royaume de France et
faire tache d'huile petit à petit dans une grande partie
de l'Europe : au plan géométrique, flanqué
de tours rondes, muni d'un châtelet d'entrée, d'archères,
de créneaux et de hourds, c'est "le quadrilatère philippien"
(terme de J. Mesqui). Ce quadrilatère philippien et ses dérivés
vont s'implanter dans les principautés lotharingiennes de
l'Empire germanique parfois très tôt dans le XIIIe
s.: influence prépondérante du Roy dans les régions
avoisinant son royaume ou copie des voisins "pour faire aussi bien
que..." ?
D'autres éléments caractérisent
ce château qualifié anciennement de "gothique" : généralisation
de la maçonnerie, plan complexe à plusieurs enceintes,
usage de flanquements circulaires, appareillage soigné. L'archétype
philippien est un carré cantonné de tours circulaires
aux angles, hémisphériques en milieu de courtine,
et d'une tour maîtresse (ou donjon) au milieu du château
(Le Louvre, 1190-1202) ou à un des angles et détachée
de l'enceinte (Dourdan, 1222). Le diamètre le plus courant
de ce donjon varie entre 13,60 et 16,50 m, contre 8 à 10,50
m pour les tours flanquantes. Des archères disposées
sur plusieurs niveaux permettent le tir en flanquement. Les courtines
sont souvent rectilignes et les tours talutées à la
base. Les corps de bâtiments s'adossent aux faces internes
de la courtine.
Aux XIIe - XVe s., trois grands types
d'ensembles castraux peuvent être visités en Lotharingie:
1) Donjon isolé, généralement
quadrangulaire, en plaine ou sur motte, entouré d'une enceinte
concentrique ou non : Crupet, Spontin
2) Apparenté au "burg" germanique,
donjon souvent quadrangulaire et autres bâtiments avec enceinte
irrégulière non flanquée, de forme allongée,
sur une hauteur : Crèvecoeur, Montaigle
3) le château philippien
: Poilvache
Le chantier de fouilles actuel
Des bilans annuels sont publiés
régulièrement dans le périodique
trimestriel de Poilvache.
Informations en cours de préparation
:
- Présentation du Service
de l'Archéologie
- Présentation des fouilles
réalisées au XIXe s.
- Présentation des fouilles
actuelles
- Matériel archéologique
type
- Fenêtre "culture"
: les images de Poilvache (Turner, Lauters, cartes postales, ...)
Pour toute information officielle,
veuillez vous adresser à :
Madame L. Henderickx
Service de l'Archéologie
- Namur
MRW, DGATLP, DP
Route Merveilleuse, 23
B- 5000 NAMUR
081/25.02.70 |