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La géomorphologie de Poilvache
Philippe Jaumin a publié une
présentation de "la géomorphologie de Poilvache
en Condroz". Reprenons ici ses conclusions.
"Le relief est la conséquence
d'un rapport entre les forces constructives de l'orogenèse
et les forces destructrices des agents d'érosion. Les forces
tectoniques font naître les montagnes, les plissements et
les failles; les agents d'érosion liés au climat façonnent
le relief en lui donnant un modelé caractéristique.
Le relief du Condroz dont la superficie
est de 3750 km2, l'étendue de 150 km d'O en E et de 25 km
du N au S, peut être comparé à une tôle
ondulée : c'est une région de moyens plateaux (280
à 350 m) où alternent les tiges gréseux (bombements)
et les chavées creusées dans les calcaires au N et
dans les schistes au S. Cette forme particulière de modelé
s'explique par une érosion différentielle durant le
Tertiaire où les calcaires et les schistes se sont altérés
plus vite que les grès psammitiques).
Le site de Poilvache est constitué
d'une assise de calcaire compacte du type carbonifère viséen
en relief par rapport aux schistes houillers namuriens moins résistants
circonscrivant les versants N et S du promontoire rocheux. Ce dernier
s'élève à plus de 100 m au dessus de la Meuse
s'écoulant au pied de son versant S-O et de 250 m par rapport
à la mer. La Meuse et les ruissellements ont creusé
et érodé les roches du terroir jusqu'à dessiner
une vallée encaissée, à fond plat, et asymétrique
à hauteur des méandres. La crête militaire de
l'anticlinal de Poilvache a servi de poste d'observation, de position
stratégique et de fondation au château comtal au XIIIe
s."
Le paysage naturel que l'on voit
depuis la Tour du Midi a été bien altéré
par l'activité humaine dans le courant des XIXe - XXe s.
: plantation trop géométrique de peupliers sur l'île
de Houx, barrage de Houx et berges endiguées, trop régulières
et trop monotones de la Meuse, disparition des prairies et vergers
de la plaine alluviale par l'extension anarchique des zones d'habitats,
implantations industrielles, grands-routes et chemins de fer, ...
Le paysage en Géographie
La nouvelle place que prend l'analyse
d'un paysage dans la Géographie intéresse tous ceux
qui partent à la découverte du site de Poilvache.
Décrire un paysage c'est identifier les structures spatiales
nées de l'occupation de l'espace terrestre par les hommes
et c'est analyser les relations qui sous-tendent ces structures.
Le paysage donne à voir à
l'observateur l'image d'une espace circonscrit par ses propres sens:
un lieu a donc plusieurs images. Le lieu se caractérise par
des éléments qui appartiennent autant à la
nature ( = le donné de base) qu'à la culture des hommes
qui occupent ce lieu. Le paysage donne ainsi l'image d'une interface
Nature/Culture.
Le paysage rural traduit les rapports,
parfois fort anciens, entre l'homme et la nature. Depuis qu'il est
sédentaire, l'homme a modifié son environnement naturel.
Il l'a marqué de sa culture en y construisant son habitat
et en y défrichant des terres capables d'assurer sa subsistance.
Pour identitifer l'organisation spatiale du lieu observé,
il faut combiner des éléments et faire apparaître
les positions qu'ils occupent les uns par rapport aux autres dans
l'espace.
Les éléments qui caractérisent
un paysage rural peuvent être regroupés en 5 composantes
principales (clés d'analyse ci-joint): LE RELIEF, L'HYDROGRAPHIE,
L'AFFECTATION DES SOLS NON BATIS, L'HABITAT, LES INFRASTRUCTURES
Postes d'observation :
- depuis la Tour du Midi de Poilvache
(la vallée de la Meuse et le Condroz agricole et boisé)
- depuis le village d'Evrehailles
- sur un chemin de promenade à
mi-colline et en contrebas de l'Antenne-Relais de Rivière
(la sinuosité du cours de la Meuse, sa forme encaissée
et identification du Condroz comme un lieu de moyens-plateaux).
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